Les Moulins

Les moulins de la Haute-Corrèze :

Les plus anciens moulins attestés se trouvent dans la région du Sistan ( région aride d’Iran et d’Afghanistan).

Ces moulins, en usage dès le VIIème siècle, étaient à axe vertical et entourés d’une maçonnerie dirigeant le vent vers la pale descendante et protégeant du vent la pale montante

Le moulin tournait grâce à la différence de poussée entre les deux pales

Ce type de moulin n’était donc pas orientable et était adapté au vent dit « 120 jours » qui soufflait continuellement  dans la région

 

En France, c’est le roi des Francs sous la dynastie des Mérovingiens, Dagobert 1er, qui apporta une solution pour nourrir la population Française croissante à cette époque au VII siècle après JC.
Il se servit probablement des exploitations déjà existante du moyen orient, qui progressivement fit son apparition en Europe.
Il en va de soi par chez nous que l’énergie éolienne et de l’eau était fortement exploité déjà a cette époque puisque on pouvait compter environ un moulin pour 100 à 150 habitants.

Les moulins occupent le 3 eme rang des monuments historiques de France après les châteaux et les églises.

On compte souvent, à ma grande surprise, pour les moulins à eaux, deux types de moulins associés l’un pour la farine et l’autre pour les huiles.

Les moulins étaient couteux à construire et de ce fait, seules les personnes fortunées pouvaient se permette de construire un tel édifice.
Les seigneurs de chaques régions Françaises avaient par obligation de faire ces constructions qui nécessités des déplacements important de pierres et de les tailler afin d’acheminer l’eau au moulin.

A cette époque , ils étaient « public » puisque les paysans apportaient leurs récoltes afin que le meunier puisse fournir la farine.

En 1789, après la révolution Française, les seigneurs n’étant plus « propriétaire » des lieux, ils offrirent par obligation à leurs employés ( en l’occurrence les meuniers) l’outil de leur travail, et depuis cette époque tous les moulins sont devenus privé et appartiennent uniquement à leur propriétaire.

Le blé fait partie des éléments principaux pour les moulins à eau, deux superbes tarares sont dans le moulin de Lastouillas , cet appareil permettait de séparer le blé de la balle (tige)

LES PRINCIPES DE FONCTIONNEMENT :

Tout d’abord, une petite vidéo explicative du fonctionnement d’un moulin à eau, cette vidéo est disponible sur internet, seul la première partie nous intéresse.

Grâce à La journée des moulins, le 17 Juin 2012 j’ai eu la chance de voir et de visiter trois moulins, le moulin de la Chassagnite (aix),
le moulin de Lastouillas( Ussel), tout deux appartenant bien sur à des particuliers dont je tiens à les remercier pour leurs accueils, leurs gentillesses, et leurs explications qui m’ont permis de faire cette article.

Seul le moulin à vent de Valiergues appartenant également à un particulier mais loué à la mairie de Valiergues et visitable à certaines périodes de l’année.

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Les meules sont des pierres spéciales qui sont volontairement avec des imperfections, elle doivent avoir une certaine aspérité sur toute la surface des deux meules, que se soit la dormante ( la fixe ) comme celle volante ( tournante sur l’axe ).

La raison, si vous avez deux pierres parfaitement lissent, il se produit un échauffement des grains et non un broyage ,

si vous avez l’occasion de toucher une pierre à meule vous allez sentir de suite qu’il ne s’agit pas d’une pierre lisse, mais rugueuse.

Beaucoup de Français en campagne l’utilisent comme table de nos jours, c’est une pierre très solide.

Il y avait probablement un métier qui permettait de réparer les meules car au fur et à mesure du temps  les moulins possédant certaines fois plusieurs meules mais jamais toutes ne fonctionnaient en même temps de manière à garder toujours une meule en état d’activité.

Les artisans utilisaient plusieurs sortes de marteaux pour « marquer » la meule afin de la rendre à nouveau utilisable.

On peut voir le mécanisme étudié par les meuniers pour soulever la meule (qui pèse plus d’une tonne) au moulin de la Chassagnite comme sur les photos suivantes:

  • la première photo montre la corde qui est accroché à la meule tournante ( ne pas tenir compte de l’engrenage au premier plan qui lui sert a faire tourner la meule
  • Sur la photo suivante , la corde est ratachée sur la poutre horizontal allant de gauche à droite, en bois, situé en fond d’image ( on voit un peu la corde qui va en direction de a poutre :
  • Cette dernière photo montre l’engrenage qui actionne ce bel ensemble. Le principe, le meunier tourné la manivelle que l’on peut apercevoir à gauche de l’image, et grâce aux engrenages qui permettent au meunier de décupler sa force, la poutre tournait et la corde s’enroulait tout autour de celui-ci et par ce biais faisait soulever la meule pour réparation.

les moulins à eau utilisent deux grands moyens pour l’entrainement de leurs axes principaux.

1°)la roue à cuillère autrement appelé le rodet :

celle-ci se situe sous le moulin et n’a aucune vue depuis l’extérieur, très utilisé également pour le moulin a huile.

Auparavant en bois, celle-ci est maintenant en fer pour plus de facilité et d’entretien.
ci-dessous, photo prise au moulin de Lastouillas :

2°)la roue extérieure :

deux méthodes également, souvent suivant le débit de la rivière,

la roue a aubes, comme la photo ci-dessous

et la roue à godets comme le moulin de la Chassagnite,

puis le moulin a vent, le seul restant de la Haute-Corrèze, celui de Valiergues :

 

 

  • le moulin de Lastouillas:

Ce moulin tiens son nom aux lastouilles.

Les lastouilles sont des grains de blé restant dans les champs après la battue, les paysans moyenageux récuperaient ces grains à l’insu du seigneur pour pouvoir se nourrir .

il existe deux moulins à Lastouillas, l’un pour la farine et l’autre pour l’huile,

fonctionnent sur le même principe de base avec une roue à rodet.

le schéma suivant montre les différentes parties d’une roue à rodet :

le fonctionnement :

commençons par le moulin à farine dont on voit le four accolé au bâtiment:

L’eau est acheminée par un conduit appelé l’abée depuis la rivière, ici  « la diège » jusqu’à une trappe verticale réglable en hauteur par différents trous, ceux-ci permettant de régler le débit de la roue.

L’eau arrivant sur la roue à cuillère entraine la rotation par un arbre vertical en bois sur laquelle est installée la meule tournante.(voir principe sur photo ci-dessous)


Les grains de blé sont placés ensuite dans la trémie ( voir photo ci-dessous) puis se déverse dans le coursier pour finir leur chemin par un trou situé au centre de la meule( pour voir le principe voir la vidéo un peu plus haut).

Le débit des grains est régulé par l’intermédiaire d’une simple ficelle placée sur la trémie.

Lorsque la trémie est vide, une petite clochette signale au meunier qu’il est temps de remplir à nouveau la trémie.

Vous pouvez constater sur cette même image une petite roue au sol en bas à droite, celle-ci servait a monter ou descendre le plateau situé en dessous de la roue à cuillère, son but , le meunier réglait par cette intermédiaire la hauteur entre la meule dormante et la meule volante, afin d’avoir un grain de farine le  plus fin possible.

A l’époque le professionnalisme du meunier permettait grâce au bruit de frottement entre les grains de blé et les meules de connaitre la bonne hauteur a régler.

On peut constater également sur la photo ci-dessus que le tour en bois qui entoure les deux meules est de forme hexagonale, en fait, il existait trois modèles de contours bois, le rond,  l’hexagonale, le carré.

Pourquoi ? tout dépendait de l’honnêteté du meunier, du plus honnête, le rond au plus malhonnête, le carré.

les grains étant introduit au centre du tour et la farine tombant coté extérieur des meules, plus les espaces vides entre les meules (rondes) et le contour bois était important, plus le meunier pouvait gagner de la farine dans les recoins des contours.

la farine est stockée dans le bac , maintenant celle-ci doit être triée, elle est déversée dans une autre trémie (voir photo suivante)

puis remontée au premier étage du moulin par l’intermédiaire de petits godets en bois ,(visible sur la photo suivante)

ensuite la farine est déversé dans un premier tamis afin d’en récupérer les grains les plus fins ( la farine),

puis, les grains restant de ce premier tamis sont ensuite filtrés dans un deuxième (centrale sur la photo suivante), hormis la taille légèrement plus gros c’est surtout la couleur qui est différente, elle est plus jaune,

et pour finir un troisième tamis permet de récupérer le son, l’enveloppe du grain destiné principalement à la nourriture des animaux et notamment des cochons.

le moulin a Huile :

le moulin a huile permet dans la région de fabriquer deux type d’huile, l’huile de noix pour une consommation alimentaire et l’huile de frêne pour les lampes à huile (éclairage) .
je pense que nous avons déjà tous vu une lampe a huile, moyen d’éclairage avant la découverte de la fée électrique.

Sinon voila un exemple de lampe a huile de l’époque.

Pour ce moulin, la roue à cuillère est de mise également avec le même acheminement d’eau par l’intermédiaire d’une abée identique à celui du moulin à farine et par une autre trappe d’acheminement de l’eau comme le montre la photo suivante qui passe sous le moulin :


La roue entraine une meule circulaire qui tourne autour d’un axe (voir photo ci-dessous) un tour en bois est a l’origine autour de cette meule dont on voit bien l’emplacement.


une fois l’essence bien broyé, celle-ci est recueillit dans un récipient puis chauffé sur un feu jusqu’à l’obtention d’une « pâte » épaisse .
La photo suivante montre le foyer avec une superbe plaque en fonte au fond datant de 1662.

ensuite cette mixture est placée dans une cuve en pierre et une presse en extrait l’huile sortant par l’ouverture situé au milieu de la pierre.

Fin pour le moulin de Lastouillas, un grand merci a M. Chèze le propriétaire pour toutes ces explications très instructive et aussi pour tous le travail de restauration qui donne un résultat formidable et fonctionnel, un petit sac de farine nous a été gracieusement offert lors de cette journée ce qui prouve que le moulin fonctionne.

 

 

  • le moulin de la Chassagnite :

Le moulin de la Chassagnite contrairement à celui de Lastouillas, possède une roue extérieur à godets:

L’acheminement de l’eau se fait depuis plusieurs kilomètre en amont par une dérivation du lit de la rivière réalisé depuis la création du moulin  et arrive juste au dessus de la roue par une alimentation en bois .

On peut apercevoir sur la photo ci-dessus le haut de l’abée qui permet le réglage de l’arrivée d’eau au niveau de la roue en contrebas, mais on voit aussi la dérivation sur la droite qui permet a l’eau de continuer son chemin jusqu’à son retour au lit de la rivière.

Un arbre est raccordé à l’axe de la roue qui entraîne un engrenage comme le montre la photo ci-dessous :

L’ Axe secondaire (verticale ) étant bien plus petit que celui de  la roue principale entraîne une vitesse bien plus importante sur la partie intérieure de l’ouvrage.

Sur cette partie verticale se trouve un deuxième engrenage beaucoup plus large ( voir photo ci-dessous ) permettant la démultiplication de la vitesse sur les trois petites roues  situés à intervalle régulier autour de cette axe principale.

Ces trois nouveaux petits axes verticaux en premier plan sur la photo ci-dessus sont raccordés à la meule tournante situé au niveau supérieur du moulin.

La multiplication des différentes tailles de roues dentelées composant l’ouvrage permettaient d’avoir une bonne vitesse de la meule tournante mais aussi une régularité de cette vitesse en contrôlant le débit de l’eau .

Pour pouvoir arrêter les meules tournantes, le meunier actionné depuis ce même niveau du moulin, des volants ( voir photo ci-dessous ) qui décrantés l’axe de la roue principale, vous pouvez observer toujours sur cette photo ci-dessus, à gauche, l’axe de la meule n°2 qui n’est plus dans l’engrenage de l’axe principale.

Il utilisait ces même volants pour contrôler la grosseur de la farine en jouant sur la hauteur de la pierre tournante.

Sur la photo ci-dessous, vous pouvez observer également les dents en bois que le meunier changeait lorsque celles-ci se retrouvaient usées.

 Voici la partie supérieur de l’ouvrage avec une des trois trémies . Le meunier ne mettait jamais en fonctionnement les trois trémies à la fois pour deux raisons principale, d’une part pour ne pas ralentir la vitesse de l’ouvrage donc pour préserver la finesse du grain mais également pour l’entretien de l’ouvrage , si l’une des pierre devait être réparer , il possédait toujours une trémie de réserve pour ne pas perdre en quantité de livraison de la farine.

Une fois le blé ( ou autre ) moulu , celui-ci descendait par l’intermédiaire de galerie bien appropriée dans un grand tambour tournant (voir photo ci-dessous) afin de dissocier les grains les plus fins des plus gros, on ne voit pas sur cette photo la taille des minuscules trou qui orne ce tambour, mais ceux-ci sont plus fin a gauche ( d’ où arrive la farine) qu’a droite. Ensuite celle-ci tombait dans le réceptacle dessous pour la récupérer dans les sacs comme vous pouvez voir sur cette même photo.

La farine la plus à droite servait à nourrir les animaux et celle de gauche étant pour ainsi dire la « fleur » de farine .