Le Tacot

LA COMPAGNIE DES TRAMWAYS

DE LA CORREZE (T.C.)

Cette ligne reliait de Ussel à Tulle.

RETROUVEZ LE TACOT A USSEL EN CLIQUANT ICI

Voici la liste des gares et arrêts qui étaient desservies par « le tacot  » :
1°) Ussel gare   -   2°) Ussel Thuel    -  3°) Ussel Ville    -   4°) Pont-Tabourg     -   5°) Mestes 6°) Chirac   -  7°) Saint-Etienne-La-Geneste   -   8°)  Sainte-Marie-Lapanouze
9°)  Liginiac   -  10°) Sérandon   -   11°) Les Plaines   -   12°) Neuvic-d’Ussel  13°) Neuvic   -   14°) La Siauve   -   15°) Saint-Hilaire-Luc   16°) Saint-Pantaléon-Latronche

17°) Soursac   -   18°) Aussinange   -  19°) Arrêt Viaduc des Rochers Noirs   -   20°) Lapleau   -   21°) Saint-Hilaire-Foissac   -   22°) Lafage   -   23°) Marcillac-la-Croisille

24°) Arrêt Pont de Lantourne  25°)  Clergoux   -  26°)  Saint-Pardoux-la-Croisille   -  27°) Le Mortier-Gumond  28°) Espagnac   -   29°) Moulin-Douroux

30°) Saint-Bonnet-Avalouze   -   31°) Tulle

 

L’Histoire du « Tacot » :

Hippolyte ROUBY( Né le 29 Mai 1860,Décédé le 21 décembre 1920) , Sénateur Maire de Lapleau, Président du Conseil Général de la Corrèze, a joué un rôle essentiel dans la création de la ligne.

Tout comme le Sénateur  Antoine DELLESTABLE(Né le 31 décembre 1851,Décédé le 30 janvier 1922) , Conseiller Général de Neuvic puis

Henri QUEUILLE.


Le projet Tulle – Ussel ne voit le jour qu’en 1903, passe au Conseil Général avec une petite voix de majorité. Le décret d’utilité publique date du 24 avril 1908 et le tracé définitif de la ligne ne sera terminé qu’en 1909, après bien des difficultés avec certaines municipalités et des propriétaires expropriés.

 

La Société des Tramways Départementaux de la Corrèze ( STDC ) est constituée légalement depuis le 19 Février 1912. Les terrassements ne seront achevés qu’en 1912, trois entreprises se partageront la ligne.

Conformément au décret de 1881, régissant les tramways départementaux, le train ne devait comporter plus de huit voitures, ni mesurer plus de 70m, et ne pas dépasser la vitesse de 25Km/h.

Le Transcorrézien était loin de toutes ces normes et sa vitesse ne dépassait pas les 15km/havec la locomotive Piquet 030T. La ligne Tulle-Ussel eût tout de suite des résultats financiers supérieurs aux pronostics à l’inverse des autres lignes des T.C. …

Par mesure d’économie, la première automotrice SAURER ( malheureusement sans image ) entra en service sur la ligne Ussel-Tulle en Octobre 1924, qui compta bientôt 3 Locomotives dont une DE  DION BOUTON JAS moins puissante que la SAURER dont la vitesse était de 21 km/h. A partir de 1956, deux Autouail BILLARD DIESEL sont misent en circulation et la vitesse peut monter jusqu’a 27 km/h.

Le 1er Avril 1925, la S.E.C.C. ( Société d’exploitation des chemins de fer de la Corrèze ) regroupait au sein d’une même administration les réseaux du P.O. (Compagnie d’Orléans),et de Compagnie des Tramways départementaux de la Corrèze.

L’avenir appartenait à l’autorail.

A compter de 1er Janvier 1932, la S.E.C.C. gérait le réseau du P.O. en Corrèze, pour le compte de la S.T.A.P.O. ( Socciété des Transports Auxiliaires de Paris Orléans ), elle-même rendait des comptes à la Compagnie d’Orléans, cette dernière étant contrôlée par l’Etat.

L’exploitation est chaque année déficitaire; le 15 Juillet 1932, un service autocar régulier de voyageurs relie Ussel à Neuvic.

Le train est conservé pour les marchandises de foires d’ Ussel et de Neuvic.

Le 31 Août 1937, la S.N.C.F. est créée et se met en place le 1er Janvier 1938.

Le 3 septembre 1939, les trains périodiques des foires et marchés sont supprimés pour un seul aller-retour régulier entre Ussel et Neuvic, avec toujours l’ autobus.

Le 3 Mars 1942, la S.N.C.F. rachetait et fusionnait S.T.A.P.O. et S.E.C.C. au sein d’une société de contrôle d’Exploitation des Transports Auxiliaires ( S.C.E.T.A. )

Le déficit d’exploitation atteint en 1958 les 35 millions d’A.F. . Le 3 décembre 1958, par 19 voix contre 2 et 1 abstention, le Département décide la disparition du « tacot » à compter du 1er Janvier 1960.

Le 31 Décembre 1959, le dernier autorail fit le dernier parcours de cette ligne par un temps de neige. La dépose de la voie fut terminé en Juillet 1960.

 

Quelques dates importantes :

Ouverture  de la première tranche entre Ussel et Neuvic-d’Ussel le 01 Août 1912 et sa fermeture a eut lieu le 01 Juillet 1952

Ouverture de la section Neuvic-d’ussel – Soursac le 07 Mars 1913 et sa fermeture date du 01 Janvier 1960.

Ouverture de la section Soursac -Lapleau vu le jour le 01 Août 1913 et sa fermeture a eut lieu le  01 Janvier 1960

Ouverture de la section Lapleau à Tulle (St Bonnet Avalouze) le 01 Mars 1913 et sa fermeture a eut lieu  le 01 Janvier 1960.  Une dérivation de la section allant de Mortier-Dumont  à La roche Canillac fut ouverte le même jour et connut sa fermeture de 16 Juin 1938.

Sur la totalité la ligne d’ Ussel – Tulle fut ouverte du 07 Mars 1913 au 01 Juillet 1952 soit un peu plus de 39 ans

 

avis important présenté aux voyageurs :

Au départ, les bagages doivent être présentés au fourgon par les voyageurs. A l’arrivée, les voyageurs devront réclamer leurs bagages au fourgon pendant l’arrêt du train. (Extrait de l’art.12 des tarifs G.V. homologués).

Les trains ne s’arrêtent aux arrêts que lorsqu’il y a des voyageurs sans bagages à prendre ou à laisser. Pour obtenir l’arrêt des trains aux arrêts, les voyageurs doivent prévenir le conducteur en cours de route, dès le départ de la station qui précède immédiatement l’arrêt s’ils veulent descendre, et s’ils veulent monter, ils doivent se tenir à proximité du poteau d’arrêt et faire connaître leur désir au mécanicien par des gestes bien apparents.

 

 Anecdote concernant le tacot :

Le tacot a eu parfois quelques soucis pour monter les côtes, par exemple lors de la montée entre Ussel et La Serre(Mestes) , lorsqu’ il y avait une forte affluence, certains passagers été obligés de descendre du train pour « pousser » celui-ci afin de finir sa course.

Gilbert Gannes dans son « Trancorrézien » le présente de manière pitoresque :

 » On avait le mal de der, dit Andrée Lagarde. Rares étaient les femmes qui ne vomissaient pas entre Neuvic et Tulle. Comme il n’y avait pas de toilettes, les voyageurs se rendaient sur les plateformes situées aux deux extrémités du wagon pour soulager leur estomac.

S’agissait-il d’un besoin pressant, on voyait a tour de rôle, toujours selon Andrée Lagarde, par n’importe quel temps s’accroupir les femmes qui s’agrippaient d’une main à la rembarde et de l’autre tenaient leurs jupes relevées, tandis que les hommes, debout face au paysage, essayaient de chercher la bonne direction du vent « .

 

Le tacot fonctionna toute la durée de la guerre et rendit d’appréciables services aux paysans, aux touristes comme aux résistants durant la période noire de l’occupation.

Il fonctionna sans ennui durant toute la guerre avec l’autorisation des Maquis; entre Tulle et Lapleau ; les voyageurs étaient contrôlés 3 fois : d’abord par les Allemands, ensuite par les gendarmes Français et en dernier lieu par les maquisards. Curieux n’est-ce pas ?

Les anciens parlent avec une certaine nostalgie du tacot qui sillonnait les rues de certaines agglomérations, ne s’embarrassant pas de garde-barrières.

Il lui arriva même quelques fois de mettre le feu sur la voie, de renverser une vache, de trucider un baudet imprudent, d’occire des poulets et de renverser des paniers d’oeufs ou de caillades dans des courbes mal négociées; mais on regrettera son coup de sifflet, ses mécaniciens dévoués et les « chefesses » de gare de sa ligne .

 

les gares et les trains du « Tacot »

Les gares des tramways de la Corrèze étaient particulièrement rustiques et de trois catégories :

1ere Classe :

 

 

2eme Classe :

 

 

3eme Classe :

La plupart des gare correspondent a cette catégorie, elle n’a qu’un hangar de marchandises et un abri couvert.

Sous celui-ci, une porte donne accés à un local exigu où étaient gardés les billets. Ces derniers étaient délivrés aux voyageurs à un guichet jouxtant la porte.

 

- gare des tacots à Ussel malheureusement aucune gare visible de nos jours :

- Arrêt de Meste également plus visible de nos jours dut au remplacement par la route départementale :

- gare de Chirac-Bellevue :

 

  

- gare de Saint-Etienne-la Geneste plus visible de nos jours :

- Gare de Liginiac, l’actuelle fut déplacé vers le centre ville :

  

la photo actuelle ci-dessous montre l’emplacement ou se trouvait la gare de 1ere classe

- Gare de Sérandon relativement loin pour l’époque car situé a plus de 4 km du bourg :

  

 

  

 

- Gare de Neuvic  plus de trace de nos jours:

- Gare de Saint-Hilaire-Luc :

       

- Gare de Soursac plus de trace de nos jours :

 

- L’ approvision en eau est primordiale pour le  tacot, la cuve ci-dessous située sur la commune de Aussinanges, situé à proximité du Viaduc des Rochers Noirs,  une cascade permettait d’alimenter en eau celle-ci.

 

 

Viaduc des Rochers Noirs :

Historique du Viaduc :

Le Viaduc à deux noms en réalité, appelé Viaduc de la Roche-Tailladée du côté de Soursac et le Viaduc des Rochers Noirs côté Lapleau .

Le tablier, large de 5m, est relié par des câbles à deux grandes piles de maçonnerie placées à chaque extrémité et surplombant la Luzège de 136m. Les câbles sont ancrés dans le rocher.

Le Viaduc fut éprouvé le 8 Mai 1913. Le train d’épreuves comprenait 2 locomotives de 28 tonnes et 7 véhicules chargés. L’ensemble totalisant un poids total de 137.3 tonnes.

Réceptionné officiellement 2 jours après ;

le 1er Août 1913, la section Lapleau/Soursac était ouverte et la ligne Tulle-Ussel exploitable en son entier, 10 ans après le premier projet, ce qui n’est pas si mal !

Le Viaduc enjambe la vallée de la luzège à 92m de hauteur. L’ouvrage a 170m de long, il supportait la ligne du « tacot » entre Ussel et Tulle.

Le Président de la République, M. Raymond POINTCARE lors de sa tournée dans le centre de la France les 11,12 et 13 Septembre 1913 l’inaugura officiellement. ( voir photo ci-dessous ).

Le km de voie revenant à 46 000 Francs, le Viaduc coûtant environ 400 000 Francs présentait pour la T.C. une commodité évidente . Ce viaduc suspendu de système Gisclard fut construit par la maison Arnaudin de Châteauneuf-sur-Loire. Le marché fut approuvé par le préfet de la Corrèzele 17 Mars 1911.

 

     

 

De nos jours en 2012 :

Côtè Lapleau :

     

Côté Soursac :

     

comme vous pouvez le constater, complètement fermé de nos jours.

     

 

- Vestige dans le bourg de Saint Pantaléon de Lapleau :

  

 

- Gare de Lapleau plus visible de nos jours:

 

- La prise d’eau de Lafage  et sa gare:

     

- Traversée de Marsillac la Croisille ( photo du site www.lacorreze.com)

 

- Arrêt du pont de Lantourne ( photos de « http://www.saintpardouxlacroisille.net » et « http://www.lemosin.net »)

  

- Gare de Clergoux ( photo du site www.lacorreze.com) :

 

- Gare de Saint- Pardoux La Croisille ( deux photos du site http://www.saintpardouxlacroisille.net )

 

  

- Gare de Mortier Gumond

 

- Gare de Espagnac ( photos du site http://www.lemosin.net )

  

 

Et pour finir grâce à M. Jacques Maligne, deux photos ci-dessous avec différents tickets du tacot , la première des années 20 et la seconde des années 50.

Je tiens à dire un grand merci à M. Maligne pour m’avoir fourni ces photos.